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Nuits sonores Lab
In(ter)dépendances

13 – 17 mai 2026
Hôtel71 · H7 · Grandes Locos, Lyon


Pendant 5 jours, du 13 au 17 mai prochains, à travers des workshops, discussions, masterclasses et plateaux radio, Nuits sonores Lab interrogera la notion d’indépendance face à la fragilisation des écosystèmes culturels et médiatiques à l’oeuvre dans l’ensemble de l’Europe.

In(ter)dépendances

Les rachats de festivals de musique par des grands groupes en Europe se sont accrus de manière exponentielle ces dernières années. Près de cent cinquante festivals de musique sont aujourd’hui détenus par quatre géants du secteur (Matthieu Barreira, 2026). Cet état de fait constitue une menace directe pour l’indépendance de nombreux acteurs de la scène musicale, faisant écho à la situation du paysage médiatique ou de l’édition, eux aussi victimes de ce phénomène.
L’emprise des multinationales n’est pas le seul danger qui pèse sur les milieux culturels et médiatiques. La montée des régimes autoritaires (Italie, Hongrie, Slovaquie…) est également une menace directe pour les organisations non gouvernementales et, plus généralement, pour l’ensemble de la société civile. En Italie et en Slovaquie, les gouvernements d’extrême-droite se livrent à des purges politiques en limogeant brutalement certaines directions d’institutions culturelles ou de l’audiovisuel public non compatibles avec la ligne politique du régime. En Géorgie et en Bosnie, des lois contre les « agents de l’étranger » criminalisent les ONG recevant des financements venant d’autres pays, notamment celles défendant la démocratie, la transparence, les droits des femmes ou des communautés LGBTQIA+. Partout, enfin, ce sont des baisses de financements publics qui fragilisent ou détruisent des écosystèmes culturels indépendants – pourtant essentiels à la diversité et à l’émergence, mais également à l’effervescence sociale et démocratique européenne.
Ces attaques menées contre l’indépendance du tissu culturel et démocratique européen résonnent avec le contexte géopolitique international : le retour des impérialismes et de la colonisation menace directement des pays souverains, du Vénézuela au Groënland en passant par l’Ukraine.
 Cette dynamique de prédation s’observe parallèlement à l’échelle de nos vies citoyennes. En s’en prenant aux communautés marginalisées, aux récits alternatifs, en réduisant au silence ce qui est différent ou étranger, multinationales comme régimes autoritaires mènent une bataille culturelle. Avec le soutien sans faille des géants de la tech étasunienne, ils imposent leur hégémonie par la création de bulles algorithmiques, contribuent à amplifier des discours réactionnaires et propagent de fausses informations. S’imposent ainsi des narratifs nationalistes, racistes, xénophobes, climatosceptiques ou queerphobes. 
Face à ces assauts coordonnés, des résistances s’organisent. Formation de réseaux, expérimentation de nouveaux modèles, création de plateformes de lutte contre les oppressions, exploration de la fête comme terrain d’émancipation : le combat pour l’indépendance prend plusieurs formes et se mène collectivement. Contre les logiques de division, la culture indépendante oppose la puissance de la coopération et du lien. 
Du 13 au 17 mai 2026, à Lyon, Nuits sonores Lab invite à fabriquer de nouvelles alliances et constellations. Avec ses invité·es pluriel·les – penseurs et penseuses, artistes, personnes militantes, autrices et auteurs, collectifs, médias… – et ses différents formats, le programme de rencontres et de débats de Nuits sonores se déploie joyeusement en résonance avec les concerts et performances du festival : un laboratoire pour penser et imaginer les liens qui forgent nos indépendances. 

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