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04 juin

2019

European Lab Camp, le bilan

EUROPE POST-ÉLECTIONS : ACTIONS ET CONNEXIONS !

Près de 3800 personnes ont participé à European Lab Camp, le rendez-vous gratuit, libre et défricheur de Nuits sonores et European Lab. Quatre jours de débats, d’ateliers et de concerts pour analyser « le Jour d’après », les élections européennes, et surtout se projeter dans l’avenir grâce aux formes renouvelées d’activisme et à la puissance de la fiction.

Après un décryptage des élections européennes, à travers un Mediapart live et une Agora Europe, European Lab Camp a donné la parole à de nouvelles générations de porteurs de projets européens : artistes, journalistes, activistes, entrepreneurs. 

Ce double mouvement d'analyse, construit avec les forces universitaires et institutionnelles, et d'action et d'initiatives est l'une des caractéristiques d'European Lab, passeur entre les différentes communautés d'artistes, activistes et chercheurs qui œuvrent à la transformation politique, culturelle et sociale de notre continent. 

En donnant la parole, lors du temps des 20 ans d'Arty Farty au philosophe Frédéric Worms, aux directeurs des festivals grec Reworks et autrichien Elevate ou encore à la journaliste polonaise Agnieszka Wiśniewska, tous trois engagés dans la coopération We are Europe, European Lab Camp a souhaité témoigner de cette nécessaire articulation entre intellectuels et acteurs culturels, et des nombreuses coopérations que European Lab a noué au fil de neuf éditions. 

La thématique des nouveaux activismes s'est avérée particulièrement pertinente pour ouvrir des perspectives dans l'Europe de demain. Les participants d'European Lab Camp ont manifesté un besoin d'engagement, une volonté d'agir concrètement sur leur avenir, que ce soit dans l'Europe rurale qui fait le plein de projets culturels ou dans la co-fabrication de la ville avec les citoyens. Sur le thème des activismes, Radio Lab, installée au cœur de HEAT, la halle à manger de H7, a accueilli deux temps forts qui ont suscité beaucoup de ferveur : les féministes des cyberactivismes de l'intime réunies autour de Clémentine Labrosse, et les héroïnes qui résistent dans le Brésil de Jair Bolsonaro : Manuela d'Avila et Marcia Tiburi.

Forensic Architecture, collectif de data-architectes londoniens, a démontré que l’activisme peut mettre à la portée d’ONG, associations ou citoyens, des techniques d’investigation habituellement réservées aux Etats et aux puissantes organisations. Les films réalisés par le média portugais Canal180 sur la coopération We are Europe ont souligné que l’activisme culturel repose sur une mise en réseau et des échanges d’expériences à l’échelle européenne. De même que la réunion des hubs créatifs européens, avec la Factoria Cultural à Madrid et Nova Iskra à Belgrade mais aussi Hôtel71, toute nouvelle maison d’Arty Farty qui abrite un incubateur de projets culturels, et qui était l’un des lieux de European Lab Camp.

Faut-il (encore) croire dans les vertus de la délibération publique et les voies de la légalité ou prôner la radicalité, la violence et la désobéissance civile ? La question a divisé les activistes climatiques, dont Marie Toussaint toute nouvelle députée européenne élue en France sur la liste EELV, et des mouvements comme Deep Green Resistance ou Extinction rebellion qui mettent violemment en cause l’inaction climatique, parfois jugée « criminelle » des dirigeants politiques. European Lab Camp a créé les conditions d’un débat possible entre acteurs institutionnels et alternatifs, pour imaginer des solutions en commun.

Les nouveaux lieux investis par European Lab Camp ont beaucoup contribué à stimuler les échanges entre une diversité d’acteurs européens qui, en marge des programmes, ont noué des relations que l’on espère fructueuses pour l’avenir. H7, sa grande halle de convivialité, son food-court HEAT et ses espaces publics extérieurs, ainsi qu’Hôtel71 et son bar ont permis de proposer une grande diversité de formats et de typologies d’espaces. Radio Lab a favorisé les interactions avec les participants. La bibliothèque vivante a proposé au public d’emprunter des intervenants pour un échange privilégié en petit comité. Les ateliers ont démocratisé des outils de communication numériques soutenables et éthiques ou mis à la portée des citoyens les outils et méthodes du lobbying.

Le bar à podcasts a incité les participants à produire leurs propres récits. Le concert littéraire d’Emmanuel Ruben a proposé une heureuse ponctuation musicale et la performance de Camille Toledo une stimulante fable futuriste. Tous les soirs, des concerts gratuits ont prolongé les débats avec des artistes engagés et des musiques de l’exil et du souvenir. Moment de grâce quand la puissance hypnotique de Tapan est rejoint par Jerusalem in my heart au modulaire et au bouzouki pour un jam improvisé et complètement psychédélique. Enfin, le groupe La Colonie de vacances a explosé les formats traditionnels du concert avec une expérience immersive très intense plaçant le public au centre de quatre groupes jouant simultanément. À l’image d’une Europe de la culture polyphonique et énergique.

Retrouvez les conférences de European Lab Camp sur notre page Youtube et notre Soundcloud !