Europe : le jour d’après

Au lendemain des élections européennes, dans quel état serons-nous ? Terrassés par la vague nationale-populiste ou juste incrédules d’avoir une fois encore évité le pire ? Le pire : un désintérêt plus fort que jamais des citoyens européens pour le scrutin et ses enjeux, une abstention record, un renoncement apathique et indifférent et au sortir des urnes, une coalition de partis réactionnaires, liberticides et xénophobes.


Depuis le début des années 2000, la plupart des échéances électorales se sont traduites par un sauvetage de dernière minute, à coups de votes utiles et d’alliances de circonstance. Mais elles n’ont jamais permis de prise de conscience radicale, de sursaut, ni d’embrayer sur un changement de paradigme qui remette justice sociale et éthique environnementale au cœur de ce monde qui marche sur la tête. Quand il n’a pas enfanté des monstres autocratiques ou illibéraux ici et là en Europe, chaque coup de chaud démocratique a été tempéré par le même business as usual, ou un nouveau tour de vis d’une extrême violence pour les peuples. 


D’ores et déjà, les élections européennes sont perdues entre ces deux écueils : le pire et l’évitement du pire. Comment se projeter dans un tel horizon ? Comment proposer l’Europe comme seule utopie pour les générations émergentes ? Ces générations à venir, celles des étudiants, lycéens et collégiens, qui marchent partout dans le monde pour le climat, avec un sens civique inouï, mais auxquelles nous n’avons pas su transmettre l’idéal européen comme juste cadre d’une utopie qu’il leur faudrait réinventer. Leur utopie. L’Europe comme espace de protection, de libre circulation, de régulation, d’invention, d’éducation, de solidarité, de culture, de débat. L’Europe comme échelle transnationale à même d’aborder les grands enjeux de ce siècle, de la lutte contre la corruption et les terrorismes au changement climatique.

72 heures après les élections européennes, nous donnons rendez-vous à Lyon à une centaine d’artistes, activistes, penseurs, porteurs de projets européens pour analyser ensemble ce « jour d’après » et se réarmer pour l’avenir. 

Déployé à Lyon Confluence, sur le site d’H7 et Hôtel71, et intégrant une scène de musique, un food-court, et les contenus liés à We are Europe (programme de coopération réunissant 8 festivals – forums européens), European Lab Camp devient un pôle gratuit et transversal de débats, de musique et de convivialité ouvert à tous. 

À travers tables-rondes, concerts, plateau média, workshops, exposition et performances, European Lab Camp connectera les forces qui veulent dessiner les contours d’un avenir commun au continent.

Pour se projeter dans le futur, nous misons plus que jamais sur les initiatives de terrain, les formes renouvelées d’activisme et de coopération et la puissance de la fiction.  

L’urgence climatique, plus encore que l’enjeu démocratique, impose de nouvelles modalités d’action et des reconfigurations du politique. Marches pour le climat, désobéissances civiles, appels au boycott ou actions féministes montrent que les citoyens peuvent reprendre en main leur destin et changer nos modèles d’existence. En Italie ou en Grèce notamment, se développe tout un laboratoire d’alternatives fondées sur l’autogestion, le municipalisme ou l’horizontalité. 

Convaincus que la fiction est une arme de reconstruction massive, nous invitons aussi auteurs, artistes, prospectivistes et public à débrider leur imagination, écrire et partager des récits, pour inventer des futurs possibles. Partager des expériences, imaginer des fictions, débattre à visage découvert pour échapper aux manipulateurs d’opinions et aux semeurs de chaos.

Rejoignez-nous !

Vincent Carry et Anne-Caroline Jambaud